Personnes non-binaires

Une personne non-binaire est une personne qui ne se sent pas en accord avec les catégories de genre binaires « homme » ou « femme » et préfère une autre identité de genre non-binaire. Cette préférence se reflète parfois dans l’expression de genre de cette personne, qui combine des caractéristiques masculines et féminines, ou au contraire les rejette. L’identité de genre et l’expression de genre ne sont toutefois pas associées l’une à l’autre par définition. En d’autres mots, vous ne pouvez pas déduire l’identité de genre d’une personne de son expression de genre.

L’expression « non-binaire » est un terme générique. Il existe différents termes pour désigner les identités de genre qui se situent en dehors du modèle de genre binaire : « genderqueer », « non-conforme au genre », « agenre », « au genre fluide », « bigenre »,… Ces identités de genre ont en commun le fait qu’elles se situent en dehors de la norme de genre binaire, mais elles diffèrent toutes les unes des autres.

Notre langue française ne connaît que les pronoms masculins ou féminins. Ces derniers temps, des activistes ont essayé de faire entrer dans la langue française des termes désignant les personnes non-binaires, comme « ille » ou « iel/yel ». Mais le problème ne se résout pas nécessairement vu qu’il faut genrer les adjectifs. En outre, pas toutes les personnes se reconnaissent dans ces termes.

genderqueer

Les personnes genderqueer, ce n’est pas une nouveauté

La “Sex Orientation Scale” de Harry Benjamin (1966) abordait uniquement les concepts de travestissement et de transsexualité. Il n’était alors pas encore question de transgendéristes ou les personnes genderqueer. Le terme est apparu récemment pour désigner une manifestation spécifique de l’identité de genre. Selon Harry Benjamin, les hommes travestis auraient une identité masculine et les hommes transsexuels une identité féminine. Sa classification montre qu’il peut cependant aussi arriver que l’on se sente à la fois homme et femme, ou ni homme ni femme. On peut même se sentir parfois homme et parfois femme. “On ne rentre donc ni dans la case des travestis, ni dans celle des transsexuels, et l’on a l’impression d’être quelque part entre deux chaises” (Vennix P). On devrait donc pouvoir situer le terme genderqueer dans les quatrième et cinquième catégories de la classification de Harry Benjamin (transsexuel non chirurgical et véritable transsexuel, intensité modérée).

Aujourd’hui

Les termes utilisés par Benjamin ne sont presque plus utilisés de nos jours. De plus en plus de personnes qui s’identifient comme transgenres rejettent le carcan qui détermine à quoi devrait ressembler une transition et recherchent leur propre voie, tout à fait personnelle. Parfois, une personne genderqueer ou non-binaire subit des adaptations physiques afin de faire correspondre son corps et son identité de genre, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Vous pouvez également exprimer votre expression de genre au moyen de vêtements, d’une coiffure et d’autres caractéristiques extérieures.

Le but final de toute transition médicale ou de tout accompagnement psychologique est de permettre à une personne de se sentir elle-même. Le fait que la personne se sente masculine, féminine, entre les deux ou les deux est moins important. Tant qu’elle a la sensation que tout va bien, qu’elle se sent bien dans sa peau et qu’elle se sait valorisé-e par l’autre. En d’autres mots : le point crucial est de faire disparaître les plaintes liées au genre (dysphorie de genre) et de trouver sa propre zone de confort.

Combien?

Nous savons peu de choses sur la prévalence des personnes genderqueer ou non-binaires. Depuis l’augmentation de l’attention pour cette position sur le spectre du genre, de nombreuses personnes qui avaient auparavant le sentiment de devoir choisir entre être un homme ou une femme peuvent désormais mieux se retrouver dans cette catégorie. Une personne qui était auparavant considérée comme un travesti mais souhaitait faire partiellement adapter son sexe n’entrait pas en ligne de compte dans le passé pour bénéficier d’un traitement médical. Les personnes qui se décidaient tout de même à suivre le traitement médical devaient alors passer par toutes les étapes. Un certain nombre de personnes genderqueer ont de ce fait été qualifiées à tort de transsexuelles.

Soutien et acceptation

Il manque souvent aux personnes genderqueer des modèles, des exemples auxquels elles peuvent s’identifier. Dans ces conditions, il est difficile de continuer à croire en soi et de s’en tenir à un choix qui dépasse le fait d’être un homme ou une femme. Se savoir accepté-e et valorisé-e par son entourage est très important pour chacun-e d’entre nous. C’est ce qui nous fait avancer. Des études consacrées à la satisfaction des personnes trans par rapport à leur traitement de réassignation sexuelle ont à plusieurs reprises démontré que le soutien de l’entourage est d’une importance cruciale dans ce cadre. C’est également, voire même plus, le cas pour les personnes genderqueer. Dans notre culture, nous pensons en effet encore souvent en termes d’homme ou de femme, selon une dichotomie spécifique. Cela peut donner aux personnes transgenres le sentiment de ne pas être reconnues dans leur identité qui se situe entre homme et femme ; elles se sentent en permanence poussées dans la case « homme » ou « femme ».