Enfants

Les opinions sont partagées en ce qui concerne le fait de diagnostiquer les enfants touchés par une dysphorie de genre et des discussions à ce propos ont eu lieu lors de l’élaboration du DSM-V. Pour la révision de la CIM également, les professionnels ne sont pas d’accord par rapport à la mention ou non d’un diagnostic pour les enfants.

Les opposants au diagnostic pour les enfants craignent que l’utilisation d’appellations pathologisantes entraîne une stigmatisation des enfants au genre non conforme. Les enfants sont en plein développement et leur personnalité et leur expression de genre changent donc encore fortement. Pour 1/3 de tous les enfants signalés, la dysphorie de genre ne se poursuit en effet pas durant l’adolescence. Selon d’autres, le fait de disposer de critères spécifiques pour le diagnostic de la dysphorie de genre peut se révéler utile pour clarifier le fait que la dysphorie de genre ressentie durant l’enfance ne se poursuit pas nécessairement lorsque les enfants atteignent la puberté, et pour permettre l’accès aux soins de santé nécessaires pour les enfants atteints de dysphorie de genre (Drescher, 2013). Vous pourrez en lire davantage à propos de cette discussion en cliquant sur les liens ci-contre.

La World Professional Association for Transgender Heatlh (WPATH) est elle aussi très partagée en ce qui concerne un diagnostic pour les enfants. Tout le monde est d’accord avec la nécessité pour les enfants au genre non conforme et leurs parents de bénéficier d’un soutien et d’un accompagnement. Pour une partie des enfants, la dysphorie de genre disparaît en effet lorsqu’ils atteignent la puberté. L’accompagnement psychologique ne vise toutefois pas à prédire si les sentiments et le comportement non conformes du point de vue du genre disparaîtront ou non, mais plutôt à explorer l’identité de genre et à trouver un équilibre entre les préférences, les expressions et l’identité, et à augmenter la résistance morale face aux éventuels facteurs de stress issus de l’entourage.