Accompagnement

Qu’il s’agisse de plaintes de genre graves ou non, les enfants et les jeunes souffrant de conflits d’identité de genre et leur famille ont intérêt à bénéficier d’un accompagnement psychologique et/ou psychiatrique. N’attendez cependant pas du professionnel qu’il puisse prévoir si les sentiments dysphoriques de genre disparaîtront ou persisteront. Lorsque l’on entame un accompagnement, celui-ci ne va pas uniquement se concentrer sur l’enfant ou le jeune. Il faut en effet aussi accorder de l’attention au reste de la famille.

Entretien de prise en charge et diagnostic de développement

Un pédopsychologue et/ou un pédopsychiatre font tout d’abord un tour d’horizon de l’évolution, chacun du point de vue de sa discipline. Ils doivent tous les deux intervenir au cours de la phase de prise en charge. Le pédopsychiatre examine du point de vue de la pédopsychiatrie s’il peut déceler d’autres troubles pédopsychiatriques éventuels (par exemple des troubles du spectre autistique, de la dépression, des troubles de l’attachement, etc.). L’évaluation psychiatrique constitue une étape essentielle dans l’arbre de décision qui permettra de déterminer le traitement à suivre. Le pédopsychologue mènera également les entretiens d’accompagnement avec l’enfant et/ou ses parents.

À l’aide du vécu des parents et de l’enfant, ces professionnels essaient d’identifier la nature des problèmes rencontrés. Ils recherchent la présence d’un développement de genre atypique et son éventuelle ampleur. Ils utilisent pour ce faire des questionnaires qui sont remplis avec l’enfant et les parents et qui se penchent sur l’histoire du développement de l’enfant, sur sa perception du corps, etc.. Ils utilisent également l’observation par le jeu ainsi que les études de perception. Cela ne veut pas dire que ces professionnels pourront prévoir si les sentiments et le comportement de l’enfant disparaîtront ou persisteront. Ils évaluent ensuite les capacités cognitives et socioémotionnelles de l’enfant et ses aptitudes scolaires. Ils se penchent sur la résistance morale de l’enfant, sur les facteurs de stress et les obstacles qui peuvent entraver ou entravent son développement ultérieur.

Les parents sont informés du protocole de traitement et sont également accompagnés dans leurs émotions et leur rôle parental. La prise en charge précoce est aussi bénéfique pour les parents: ce suivi professionnel leur procure un sentiment d’apaisement et les soutient face éventuels aux reproches de leur entourage.

Suivi de l’enfant/du jeune et de sa famille

Une fois la situation analysée dans son ensemble, des entretiens réguliers auront lieu avec le pédopsychologue, en fonction des demandes et des besoins. L’interaction avec un “enfant transgenre” soulève en effet beaucoup de questions. Les professionnels plaident en faveur d’une approche progressive et équilibrée des problèmes afin de laisser l’enfant évoluer tranquillement. En collaboration avec les parents et l’enfant, les professionnels essaient d’identifier des compromis acceptables et un comportement adapté à l’âge de l’enfant et à son entourage. Par exemple le fait que l’enfant puisse porter des vêtements de l’autre sexe uniquement à la maison, afin de permettre à son identité, encore en plein développement, de s’épanouir librement.

Les parents et/ou le reste de la famille sont également visés. Les professionnels examine d’abord si le comportement transgenre est influencé par des aspects relationnels de la famille et dans quelle mesure ce comportement transgenre influence le fonctionnement de la famille. Même si une famille gère bien la présence d’un enfant ou d’un jeune de genre variant, un entretien avec les parents peut malgré tout être indiqué. Des aspects pratiques et/ou émotionnels peuvent par exemple être abordés. Les parents, frères et sœurs éprouvent peut-être de la honte en raison du comportement de l’enfant ou du jeune? Peut-être y a-t-il un conflit entre les parents sur la manière d’aborder le comportement de leur enfant, ce qui peut engendrer des sentiments de culpabilité chez l’enfant ou le jeune? L’entretien peut aussi aborder des recommandations pratiques, comme le fait de fixer des limites à l’enfant ou au jeune pour déterminer ce qu’il peut faire ou non (par exemple se travestir à la maison, d’accord, à l’école, non). Il faut enfin examiner comment l’enfant ou le jeune se sent à l’école, et quels y sont les défis à surmonter.

L’équipe de genre pour enfants prend également contact avec l’école et le professeur de l’enfant. Ces enfants sont souvent confrontés à des problèmes d’apprentissage et/ou à des comportements vexatoires en raison de l’expression de leur genre. C’est pourquoi il est bon de convenir avec le professeur et les parents des décisions prises pour l’enfant. Le changement d’école ou de classe constitue dès lors un bon moment pour amorcer le changement de rôle sexuel. L’équipe de genre pour enfants donne parfois une conférence dans l’école afin d’informer d’autres professeurs.

Liberté

L’enfant a à tout moment la liberté de changer d’avis en ce qui concerne le processus de formation de son identité. L’expérience acquise dans d’autres pays nous enseigne qu’un enfant souffrant de problèmes de genre peut encore évoluer dans toutes les directions. Cela demande de “réévaluer” sans cesse les sentiments et le vécu de l’enfant. La demande d’aide est perpétuellement remise en question, ce qui permet de garder toutes les options ouvertes. Il se peut ainsi que l’enfant éprouve des sentiments homosexuels à la puberté. On peut être homosexuel et transgenre. Cela ne pose aucun problème en ce qui concerne le traitement. L’homosexualité ne constitue pas une contre-indication au lancement d’un processus pour autant que l’enfant conserve les mêmes sentiments en ce qui concerne son identité de genre.

Quand s’adresser à l’équipe jeunes de l’UZ Gent ?

L’équipe enfants et jeunes de l’UZ Gent accueille les jeunes et leurs parents jusqu’à l’âge de 17 ans. Pour 2015, cela signifie donc que les jeunes nés en 1998 (et plus tard) peuvent contacter l’équipe jeunes s’ils en ressentent le besoin. Pour leurs éventuelles demandes d’aide, les jeunes nés en 1997 ou avant peuvent contacter l’un des professionnels mentionnés sur la carte de soins.

Coût ?

Les consultations chez un psychologue ne font actuellement pas partie des nomenclatures de l’Inami ; mais (presque) toutes les mutualités prévoient une forme de remboursement. Veillez donc à demander à votre mutualité ce remboursement potentiel. Les consultations auprès d’un pédopsychologue de l’équipe enfants et jeunes de l’UZ Gent coûtent 45 euros par entretien. Si vous remplissez les conditions pour bénéficier d’un tarif social, le coût diminue à 15 euros par entretien. Vous pouvez vous informer au sujet de ces conditions permettant de bénéficier du tarif social auprès du psychologue ou auprès du service social de votre mutualité. Sur base annuelle, vous pouvez compter entre 420 et 500 euros au total pour les consultations psychologiques (hors soutien/thérapie complémentaire).

Le coût des médicaments, des inhibiteurs de puberté et des hormones de substitution n’est pas remboursé et revient à 1096-1370 euros par an. Tenez également compte des coûts éventuels relatifs à la fertilité, la dermatologie, la logopédie, la stomatologie et aux interventions chirurgicales.