Augmentation mammaire

Même après une thérapie hormonale de plusieurs années, la plupart des femmes trans présentent trop peu de tissu mammaire pour avoir un profil suffisamment féminin. Beaucoup souhaitent donc subir une augmentation mammaire.

L’intervention

L’augmentation mammaire peut se faire en même temps que la vaginoplastie. On interrompra la prise d’œstrogènes 2 semaines avant l’opération.

Grâce à une petite incision pratiquée au niveau des aisselles, au bord de l’aréole ou à la hauteur du pli sous les seins, il est possible d’introduire des prothèses mammaires qui viendront généralement se placer derrière les pectoraux. Les chirurgiens préfèrent généralement placer les prothèses derrière le muscle pour avoir une meilleure couverture et augmenter les chances d’obtenir des seins souples. La méthode précise d’insertion des prothèses (par les aisselles avec l’endoscope, au moyen d’une petite incision circulaire au bord du mamelon et de l’aréole ou d’une incision sous les seins) dépend principalement de vos préférences personnelles.

Chez les femmes trans, les prothèses sont la plupart du temps choisies avec une base plus large. Ces prothèses sont insérées au milieu le plus près possible l’une de l’autre, cependant, en raison de la disposition des mamelons qui ont tendance à s’orienter un peu plus vers l’extérieur/le côté et en raison de la cage thoracique un peu plus large des femmes trans, celles-ci peuvent avoir les seins un peu plus écartés que des femmes non trans, et on ne peut souvent rien y faire.

Matériel?

Les prothèses mammaires se composent toujours d’une enveloppe externe en silicone ferme, dont la surface est rugueuse ou lisse. Les prothèses contiennent un gel de silicone ou du sérum physiologique (solution d’eau salée). Le gel en silicone a l’avantage d’offrir un toucher plus souple, mais l’inconvénient est qu’il peut migrer en cas de rupture. Les prothèses remplies de sérum physiologique ont pour avantage d’être totalement sûres, mais elles donnent un résultat moins naturel au toucher.

Leur volume peut être adapté au tissu des glandes mammaires déjà présent et en fonction des souhaits de la patiente. Les chirurgiens ne sont pas (plus) enthousiastes à l’idée d’utiliser des implants anatomiques ou en forme de goutte d’eau parce que ceux-ci ne présentent pas d’avantages, sont plus chers et augmentent les risques.

Inconvénients et complications

L’augmentation mammaire est une intervention qui donne un très beau résultat chez la grande majorité des patientes. Comme pour toute chirurgie, les hémorragies, les problèmes de cicatrisation des plaies et les infections comptent parmi les complications post-opératoires immédiates. Vu qu’il s’agit d’une opération réalisée en milieu stérile, ces complications surviennent extrêmement rarement.

Les éventuelles complications à plus long terme sont les suivantes :

  • Réduction de la sensibilité au niveau du mamelon : survient rarement, et lorsqu’elle survient, c’est généralement temporaire.
  • Fuite au niveau de la prothèse : la durée de vie moyenne d’une prothèse est actuellement de plus de 15 ans.
  • Formation d’une coque suite à une cicatrisation excessive autour de la prothèse. Cette complication peut engendrer un durcissement de la prothèse, avec un positionnement non naturel de la poitrine. Ce problème est très rare si l’on place les prothèses derrière le muscle et si l’on opte pour des prothèses à surface rugueuse.
  • Mauvais positionnement de la prothèse. Dans des cas très exceptionnels, la prothèse peut se déplacer au fil du temps. C’est très rare, surtout avec les prothèses actuellement utilisées, avec une surface rugueuse.

Le coût

Les prothèses mammaires sont en grande partie remboursées moyennant l’accord du médecin-conseil.