Hormones

Les personnes transgenres recevront souvent un traitement hormonal au cours de la transition. Il est possible de suivre un traitement hormonal de substitution à partir de l’âge de 16 ans. Avant cet âge, les adolescents transgenres peuvent, sous certaines conditions, prendre des inhibiteurs de puberté afin de freiner le développement des caractéristiques sexuelles secondaires à partir de la puberté.

Il faut faire la distinction entre les hormones naturelles et les hormones de synthèse (fabriquées artificiellement). L’œstradiol est par exemple un œstrogène naturel. La progestérone est un progestatif naturel et il existe de très nombreux androgènes naturels (hormones masculines), comme la testostérone ou la DHEAS. Les œstrogènes de synthèse comme l’éthynilœstradiol, que l’on retrouve dans les moyens de contraception, sont beaucoup plus concentrés qu’un œstrogène naturel et ont également beaucoup d’effets secondaires. Les préparations à base de testostérone de synthèse sont en général considérées comme très sûres. Ces traitements à l’aide d’hormones de synthèse peuvent avoir des effets importants, comme le développement de la musculature sous l’influence de la testostérone, ou le développement de la poitrine sous l’influence des œstrogènes.

Le risque de fertilité selon le sexe original est progressivement réduit à néant sous l’influence du traitement hormonal. C’est pourquoi il est important d’aborder avec le psychologue/le psychiatre les questions relatives à la fertilité avant d’entamer le traitement hormonal. Si vous le souhaitez, vous pouvez faire congeler votre sperme avant le début du traitement hormonal. Pour de plus amples informations à ce sujet, vous pouvez vous adresser à votre endocrinologue. Les laboratoires des centres de fertilité sont habitués à conserver pour une longue durée des échantillons de sperme, y compris pour des personnes transgenres.

Dès le début du traitement hormonal, l’endocrinologue est là pour accompagner la transition. L’endocrinologue vous aidera à choisir un traitement hormonal adapté et sûr. Nous déconseillons vivement l’automédication ou l’achat d’hormones sur Internet. Vous trouverez ci-contre un aperçu des produits disponibles en Belgique. Vous trouverez ci-contre un aperçu des produits disponibles sur le marché belge.

Le traitement des femmes trans se compose essentiellement de médicaments qui freinent la production de testostérone auxquels on ajoute des œstrogènes. Le ralentissement de la production de testostérone est uniquement nécessaire chez les personnes transsexuelles qui n’ont pas encore subi d’opération chirurgicale parce que, après la vaginoplastie, les sources de la production de testostérone, à savoir les testicules, ne sont plus présentes. Sous l’influence du traitement hormonal, les caractéristiques sexuelles masculines vont progressivement céder la place à des caractéristiques de plus en plus féminines. Après la chirurgie de réassignation sexuelle, il faut continuer à prendre des œstrogènes, toute sa vie durant, sauf contre-indications.

Antiandrogènes

Les antiandrogènes freinent la production de testostérone et/ou empêche la transmission de celle-ci à son récepteur. Les effets souhaités consistent à réduire la libido (moins d’érections spontanées) et la pilosité et à interrompre le processus de chute des cheveux des hommes. Les hormones féminines ont également un effet sur la sexualité ; vous trouverez davantage d’informations à ce propos ici. Les effets secondaires rapportés sont de la fatigue, de l’apathie, une faiblesse musculaire et, comme on peut s’y attendre, la stérilité. La plupart du temps, on administre de l’acétate de cyprotérone à raison d’une dose de 50mg par jour. L’Androcur® ou le Cyproplex® sont remboursés par la caisse d’assurance maladie après approbation du dossier par le médecin-conseil sur présentation d’une attestation délivrée par le psychiatre et l’endocrinologue.

Oestrogènes

Les œstrogènes ont aussi une action inhibitrice sur la production de testostérone et induisent la féminisation: développement mammaire, voix plus douce, modification de la répartition des graisses, plus forte émotivité. Ces substances n’ont pas d’influence sur la voix et le patient doit souvent recourir à l’orthophonie pour parvenir à parler plus aigu. Souvent, ils n’ont aussi qu’un effet limité sur la barbe. L’épilation au laser ou l’épilation électrique peut être nécessaire. La pilosité sur les autres zones du corps réagit normalement mieux au traitement. Le principal effet secondaire des œstrogènes est qu’ils augmentent le risque de thrombose (caillots sanguins). Votre endocrinologue peut vous indiquer si ce traitement est le plus sûr pour vous. Les thromboses surviennent essentiellement chez les femmes qui fument. C’est pourquoi il est essentiel d’arrêter de fumer au cours du traitement. On prescrit généralement aux jeunes patients des œstrogènes par voie orale, et plus tard par voie transdermique (gel ou patch). Il n’existe aucun avantage à ajouter de la progestérone au traitement et c’est pour cette raison que l’on n’en administre pas au sein de l’UZ. L’utilisation de progestérone a pour unique conséquence d’augmenter les risques d’effets secondaires.

Qui ne peut pas recevoir d’hormones?

Certaines personnes présentent un risque accru de complication à cause des œstrogènes et éviteront dès lors d’en prendre. Les œstrogènes sont à proscrire en cas d’hypertension grave (pression sanguine élevée), d’antécédents de thrombose ou de risque connu, d’antécédents d’hémorragie cérébrale et en cas de maladies hépatiques graves.

La prise d’œstrogène s’accompagne toujours d’une faible augmentation du risque de cancer du sein, surtout si vous avez des antécédents familiaux de cancer du sein. Il est indiqué de procéder à un auto-examen mensuel voire à une mammographie sur avis médical.

Suivi

Le suivi du traitement hormonal se fait tous les trois mois la première année, et tous les six mois la deuxième. Après une éventuelle opération chirurgicale de réassignation sexuelle, on procède à des contrôles sur une base annuelle ou plus fréquemment si nécessaire. La patiente doit remplir un questionnaire relatif à ses antécédents médicaux et au traitement en cours, subir une prise de sang et une ostéodensitométrie, une prise de la tension et un examen de la force musculaire, et enfin passer un examen médical chez son médecin traitant.