vaginoplastie

Conditions & délais

Pour pouvoir subir une orchidectomie ou une vaginoplastie, vous devez être majeure et en possession d’un courrier rédigé par votre praticien (psychologue, psychiatre, sexologue, etc.). Vous devez également prendre des hormones de substitution pendant au moins un an (œstrogènes). Androcur ne suffit donc pas.

Vu les délais d’attente parfois très longs pour avoir un rendez-vous, le mieux est de prendre contact à temps avec votre chirurgien. Comptez entre 1 mois et demi et 8 mois d’attente. La première consultation consistera principalement à vous fournir de nombreuses informations à propos de la procédure. Vous pourrez également poser toutes vos questions. Préparez-vous en collectant des informations et notez éventuellement vos questions sur une feuille de papier, afin de ne pas oublier de les poser. Souvent, lors du premier rendez-vous, on convient déjà d’une date (provisoire) pour l’opération, en tenant compte des conditions mentionnées ci-dessus. L’opération ne peut avoir lieu que si vous répondez à ces conditions au moment de l’opération. En d’autres termes, vous pouvez déjà fixer le rendez-vous informatif à l’avance.

Préparation

La thérapie hormonale (tant les œstrogènes que les antiandrogènes) est interrompue deux à trois semaines avant la vaginoplastie. Cela n’a pas d’effets psychologiques immédiats: les hormones propres/endogènes de la patiente sont en effet contenues à long terme grâce au traitement. Il faut près de 6 semaines pour que l’hypophyse se réveille. Ce laps de temps n’est cependant pas assez long pour, par exemple, faire congeler du sperme juste avant l’intervention: la spermatogenèse (le processus de développement des cellules germinales masculines (spermatogonies) en spermatozoïdes adultes) requiert 3 mois au moins de testostérone normale. Selon la recherche, il est possible de faire congeler un testicule, mais cette technique ne fournit pas de résultat garanti. Si vous n’éprouvez pas encore de désir d’enfants, parlez-en à votre accompagnateur, à votre endocrinologue et au chirurgien.

Intervention

Lors d’une reconstruction vaginale, le contenu du pénis, à savoir le corps caverneux, est presque intégralement retiré. La peau du pénis est soudée à l’extrémité et retournée vers l’intérieur pour créer les parois du vagin (qui conserve des sensations). Cela signifie donc que la peau de l’extérieur du pénis recouvre désormais l’intérieur du vagin. On approfondit parfois le vagin à l’aide d’une greffe de peau.

On ôte naturellement aussi les testicules et la partie postérieure du scrotum est utilisée comme un bourrelet de peau distinct permettant d’élargir l’entrée du vagin.

Le sommet du gland, très sensible, est entièrement dissocié du corps caverneux et est utilisé pour reconstruire le clitoris, avec une certaine quantité de prépuce, à l’aide duquel on peut reconstruire les petites lèvres.

Les deux parties extérieures du scrotum permettent, elles, de reconstruire les grandes lèvres.

Aspects urologiques

La sortie de l’urètre (pour l’écoulement de l’urine) est raccourcie pour permettre d’uriner directement vers le bas, comme c’est le cas chez une femme biologique. L’intervention consiste également à travailler au niveau anatomique entre le rectum et la vessie pour créer une cavité qui accueillera le nouveau vagin. L’espace situé entre le rectum et la vessie est tapissé de nerfs et de muscles importants pour la fonction urinaire normale. Le traitement chirurgical dans cette zone peut entraîner des troubles de la fonction urinaire. C’est pourquoi, immédiatement après l’intervention chirurgicale, le fait d’uriner peu parfois être un peu pénible au début. La plupart des femmes peuvent à nouveau uriner immédiatement après le retrait du cathéter urinaire. Certaines doivent attendre un peu plus longtemps avant que la fonction urinaire se normalise.

Les seules complications au niveau urologique consistent en des anomalies de la direction du jet d’urine. Cela se normalise la plupart du temps avec le temps. Dans des cas très rares, une petite correction chirurgicale peut encore être nécessaire. Un petit nombre de patientes peuvent également souffrir temporairement de légers problèmes d’incontinence après l’opération.

Suivi: prothèse et dilatation

Au cours de la période qui suit immédiatement l’opération et dans un stade postopératoire ultérieur, on utilise une prothèse de silicone spécialement conçue pour obtenir la profondeur et la largeur maximales du vagin et conserver ces dimensions. Par la suite, il faut également procéder à une dilatation régulière du vagin à l’aide de cette prothèse ou lors du coït afin de garantir le maintien de la profondeur du vagin. Vous trouverez davantage d’informations sur la sexualité et le sexe sans risque après une vaginoplastie dans la rubrique ‘sexualité‘.

Complications?

Les complications éventuelles lors de cette intervention sont une hémorragie et une cicatrisation un peu difficile à la hauteur de l’entrée du vagin. Une complication heureusement extrêmement rare, mais grave malgré tout consiste en une perforation du rectum entraînant une jonction entre le vagin et le rectum (fistule rectovaginale) et l’élimination des selles par le vagin. En présence d’une telle complication, il faut que la patiente élimine temporairement les selles à l’aide d’un anus artificiel placé à la hauteur de son abdomen. Ce n’est qu’après la guérison que la continuité du tube digestif pourra être rétablie.

Durée de l’hospitalisation et convalescence

Les patients doivent toujours être hospitalisés la veille de l’opération de réassignation sexuelle génitale afin de subir une préparation colique préopératoire (purge intestinale). Il est également indiqué de subir une épilation préalable au laser ou électrique de la zone génitale.

En moyenne, cette opération de réassignation sexuelle requiert une hospitalisation de 8 à 9 jours. Il faut tenir compte d’une incapacité de travail de six à huit semaines. Chez une patiente sur cinq, une légère correction esthétique est encore nécessaire par la suite, à l’avant du vagin.

Coût

La sécurité sociale ne rembourse que 80 à 90% des frais réels. La quote-part individuelle peut donc aller de 1 500 à 2 500 €.