Operations

La satisfaction par rapport au corps a une influence positive sur la sexualité. Certaines personnes transgenres estiment qu’une opération de réassignation sexuelle est nécessaire pour leur permettre d’atteindre la satisfaction par rapport à leur propre corps. La satisfaction sexuelle semble souvent aller de pair avec la satisfaction par rapport aux résultats physiques de(s) l’opération(s) (De Cuypere et al., 2005). D’éventuelles complications ou des résultats décevants peuvent donc engendrer une plus grande insatisfaction sexuelle. Généralement, après l’opération, la personne passe d’abord par un processus d’adaptation qui peut durer un certain temps, parce qu’elle doit redécouvrir son corps et son fonctionnement sexuel. Une étude menée par l’équipe-genre de Gand montre que 65% des femmes trans et 95% des hommes trans ayant subi une opération au niveau de leur sexe peuvent atteindre l’orgasme grâce à la masturbation (De Cuypere et al., 2005). La plupart des participants à l’étude peuvent atteindre l’orgasme tant par la masturbation qu’au moyen d’un contact sexuel. Après l’opération, la majorité des répondants ont signalé une amélioration de leur vie sexuelle, de même qu’une plus grande excitation sexuelle. Les organes sexuels des personnes trans ne fonctionnent néanmoins pas totalement de la même façon que ceux des personnes non-trans.

Métaoidioplastie

Lors d’une métaoidioplastie, le clitoris est transformé en petit pénis et les lèvres deviennent des testicules. La taille de ce pénis diffère fortement, en fonction de la taille atteinte par le clitoris suite à la prise d’hormones. La pénétration avec un pénis après une métaoidioplastie n’est généralement pas possible. Il existe toutefois différentes sortes de prothèses péniennes et de godes-ceintures que les hommes trans ayant subi une métaoidioplastie peuvent utiliser. Après une métaoidioplastie, le pénis est généralement trop petit pour un préservatif standard, mais plusieurs solutions permettent néanmoins des pratiques sexuelles sans risque. Les hommes trans ayant subi une métaoidioplastie peuvent décider ultérieurement de subir une phalloplastie.

Phalloplastie

La phalloplastie consiste à reconstruire un pénis, habituellement au moyen de tissus prélevés au niveau de l’avant-bras. La stimulation sexuelle est déjà possible relativement rapidement après l’opération, mais les hommes trans qui ont subi une phalloplastie n’ont pas d’érection spontanée lorsqu’ils se sentent sexuellement excités. Une érection est possible, grâce à une prothèse d’érection qui peut être placée à partir de 12 mois après la phalloplastie, lors d’une intervention complémentaire. Cette prothèse permet ensuite d’avoir des contacts sexuels avec pénétration. Tous les hommes trans n’optent toutefois pas pour une prothèse d’érection, et même sans cette prothèse, il est possible de ressentir une stimulation sexuelle avec orgasme. Chez les hommes trans qui ont subi une phalloplastie, la partie la plus sensible du pénis ne se situe cependant pas au niveau du gland mais à la base du pénis, là où se situait le clitoris. L’orgasme est par conséquent peut-être un peu différent d’auparavant, mais il n’est certainement pas impossible. Lors de l’orgasme, il n’y a pas d’éjaculation, et la grossesse n’est donc pas possible. Bien que les hommes trans ayant subi une phalloplastie ne produisent pas de sperme, ils sont néanmoins susceptibles de contracter des MST.

Vaginectomie

Généralement, le vagin est refermé lors d’une phalloplastie ou d’une métaoidioplastie, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Certains hommes trans souhaitent conserver la possibilité d’être pénétrés, ce qui est tout à fait possible. Dans ce cas, il est toujours important de se protéger contre les MST au moyen d’un préservatif.

Vaginoplastie

Une vaginoplastie consiste à reconstruire un vagin au départ d’un pénis. Cette intervention permet aux femmes trans d’être pénétrées vaginalement. Contrairement aux femmes non-trans, de nombreuses femmes trans ayant subi une vaginoplastie ne sont pas (suffisamment) lubrifiées lorsqu’elles sont excitées sexuellement. 2 femmes trans sur 3 ont le vagin lubrifié en cas d’excitation sexuelle et/ou d’orgasme (De Cuypere et al., 2005). Cette lubrification provient peut-être des glandes de Cowper, qui sécrétaient auparavant le liquide pré-éjaculatoire. Chez la moitié de ces femmes, cette lubrification est toutefois insuffisante pour pratiquer une activité sexuelle et l’utilisation d’un lubrifiant est donc recommandée.

Lors d’une vaginoplastie, le clitoris est reconstruit sur base de la partie avant du gland, qui est la partie la plus sensible. Tout comme chez les femmes transgenres, c’est donc la partie la plus sensible pour de nombreuses femmes transgenres, qui peuvent dès lors également ressentir un orgasme grâce à la stimulation du clitoris, tant directement que lors d’une pénétration vaginale. Des études ont montré que 65% des femmes trans flamandes atteignent presque toujours un orgasme pendant la masturbation. Pour ce qui est des orgasmes lors de rapports sexuels, les chiffres sont beaucoup moins élevés, mais c’est également le cas pour la population globale. Une partie des femmes trans perdent toutefois leur capacité orgasmique après une opération de réassignation sexuelle.

Après l’opération, une prothèse est utilisée durant une certaine période afin de garder le nouveau vagin ouvert (de le dilater); il est important de suivre les instructions du chirurgien à ce sujet. Il faut normalement entre 5 et 8 semaines pour qu’un pénis (ou une prothèse) de longueur moyenne puisse être introduit(e) dans le vagin. Au début, les rapports sexuels peuvent occasionner des douleurs, la prudence est donc recommandée. Il peut être bénéfique de procéder à la dilatation quelques heures avant le rapport. Une fois que tout est guéri, vous pourrez calmement commencer à expérimenter. Vu que le ressenti corporel est différent, la sexualité devra également être redécouverte.

Orchidectomie

L’objectif d’une orchidectomie est d’enlever les testicules d’une femme trans. Les testicules produisent la testostérone et le sperme ; les femmes trans qui ont subi une orchidectomie ne peuvent souvent plus éjaculer ni même avoir ou conserver une érection. Ceci ne signifie toutefois pas qu’elles ne peuvent plus ressentir d’orgasme. Malgré le fait que vous ne produisiez plus de sperme, vous êtes toujours susceptible de contracter des MST.

 Sources

  • De Cuypere, G., T’Sjoen, G., Beerten, R., Selvaggi, G. De Sutter, P., Hoebeke, P., Monstrey, S. & Vansteenwegen, A. (2005). Sexual and Physical Health After Sex Reassignment Surgery. Archives ofSexual Behaviour, 34, 6, 679-690.
  • Wierckx, K, Elaut, E, Van hoorde, B, Heylens, G, De Cuypere, G, Monstrey, S, Weyers, S, Hoebeke, P & T’Sjoen, G (2014). Sexual Desire in Trans Persons: Association with Sex Reassignment Treatment.Journal of Sexual Medicine, 11, 107-118.