Sport

Dans le monde sportif, le thème transgenre constitue naturellement un chapitre à part vu la ségrégation des sexes qui règne dans ce domaine. Lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008, par exemple, des athlètes (féminines) soupçonnées d’être des hommes ont subi des tests à la demande du Comité olympique asiatique, afin de vérifier leur genre. Le gouvernement chinois a créé un laboratoire pour vérifier si les athlètes participants étaient « réellement » des hommes ou des femmes. L’Union Medical College, qui était responsable de ces tests, a voulu procéder en examinant les caractéristiques physiques des athlètes, en effectuant une prise de sang pour contrôler le niveau d’hormones et en examinant les chromosomes.

Par le passé, des tests similaires ont été régulièrement effectués, mais le Comité international olympique (CIO) a décidé en 1999 de ne plus les pratiquer parce qu’ils étaient inadaptés d’un point de vue éthique et non fiables d’un point de vue scientifique. Actuellement, le CIO se fonde sur les règles établies par la “Déclaration du consensus de Stockholm concernant les changements de sexe dans le sport“. Le 28 octobre 2003, un comité ad hoc composé par la commission médicale du COI a décidé que les personnes ayant subi un changement de sexe avant la puberté devaient être reconnues dans leur nouveau sexe. Les personnes ayant subi un changement de sexe après leur puberté doivent être considérées comme appartenant au nouveau sexe et peuvent participer à des compétitions masculines ou féminines à condition de remplir les conditions suivantes:

  1. des transformations anatomiques chirurgicales ont été effectuées, notamment le changement des organes génitaux externes et la gonadectomie;
  2. une reconnaissance légale du nouveau sexe a été accordée par les autorités officielles compétentes;
  3. un traitement hormonal approprié au nouveau sexe a été administré de manière vérifiable et durant une période suffisamment longue pour réduire au minimum les avantages liés au sexe dans les compétitions sportives.

Le CIO considère qu’il faut attendre deux ans après une gonadectomie et se réserve le droit de procéder à une étude confidentielle au cas par cas s’il y a doute sur le sexe d’un(e) athlète.

Le 17 mai 2004, le Comité exécutif du CIO a de nouveau confirmé le consensus proposé par la Commission médicale du CIO qui fixe les critères pour toute personne ayant subi un changement de sexe et souhaitant participer à une compétition sportive. Ces conditions étaient d’application lors des Jeux olympiques d’Athènes en 2004.

Nouvelles règles à l’horizon

Le CIO envisage d’adopter de nouvelles directives afin d’être plus inclusif, dans le futur, par rapport aux athlètes trans dans le sport de haut niveau. Ces directives sont issues d’un « Consensus Meeting on Sex Reassignment and Hyperandrogenism » organisé par le CIO en novembre 2015. On s’attend à ce que ces règles soient adoptées de façon intégrale et qu’elles entrent en vigueur avant les Jeux Olympiques d’été de Rio de Janeiro en 2016.

Il s’agit d’une série de recommandations qui doivent correspondre au changement d’attitude et au consensus scientifique en ce qui concerne les personnes transgenres. Les athlètes trans ne devront plus répondre aux exigences chirurgicales et juridiques. Les hommes trans peuvent à tout moment participer à la compétition masculine. Pour ce qui est des femmes trans, seule une restriction leur est imposée, en ce qui concerne le niveau de testostérone : leur niveau de testostérone doit se trouver en dessous de 10 nmol/L durant 12 moins minimum avant de pouvoir participer aux Jeux Olympiques. Ces valeurs peuvent être contrôlées à tout moment. Lorsque le niveau de testostérone dépasse la limite de 10 nmol/L, les athlètes risquent une suspension de 12 mois. En outre, elles doivent se déclarer en tant que femmes en ce qui concerne leur identité de genre – une déclaration qui reste valable pour une période de quatre ans au moins.

Les nouvelles directives du CIO sont des recommandations qui n’impliquent aucune obligation pour les autres organisations sportives, même si nous espérons qu’elles pourront servir de source d’inspiration.

Politique sportive : plus que quelques petites règles

L’administration flamande travaille actuellement sur une nouvelle brochure consacrée aux personnes transgenres et au sport. L’objectif est de fournir un cadre aux fédérations sportives flamandes et de permettre aux personnes transgenres de pratiquer elles aussi du sport. Une brochure similaire a également été publiée aux Pays-Bas. Le site web de Trans*Athlete énumère un certain nombre d’exemples de politiques transgenres au sein des organisations sportives.

Une récente étude écossaise a démontré qu’une politique sportive ne doit pas se limiter à l’élaboration de quelques règles à l’attention des fédérations sportives. Parmi les 115 répondants transgenres, 80% ont indiqué avoir été confrontés personnellement à de l’homo- ou de la transphobie, ou en avoir été témoins. Dans ce groupe, 96% ont indiqué avoir été témoins ou victimes de violence verbale, 16% de violence physique, et 7% ont signalé des violences sexuelles.

Sources: